Par quoi commencer? Depuis le temps que les mots s'entrechoquent et ne sont pas sortis encore comme ils auraient voulu.
Une dyslexie, diagnostiquée très tard, qui me fait comprendre seulement maintenant mes difficultés d'agencement de textes, même s'il y a une apparence de facilité d'écrire, ainsi qu'une prédilection pour les jeux de mots, simplement parce qu'ils sont là, constamment sous mes yeux, une distraction constante qui trop souvent me font perdre le fil de ce que j'aimerais dire.
Ainsi, au lieu de simplement dire: je m'en vais vous parler de mes années Sida, mon esprit se tourne vers Corneille et son Cid. Et pourtant, je ne peux pas tellement dire:
Je suis jeune, il est vrai; mais aux âmes bien nées
La valeur n’attend point le nombre des années.
La valeur n’attend point le nombre des années.
Jeune je ne suis plus, quand aux âmes bien nées, la plupart que j'ai eu l'honneur d'accompagner dans leur mort précoce n'ont certes pas pu marquer leur passage terrestre par un nombre d'années suffisantes. Reste alors 'leur valeur', et qui peut encore en parler de ces oubliés de l'histoire d'un holocauste que beaucoup d'entre nous ne veulent pas voir.
Mais déjà j'entre dans un état d'esprit où je n'aime pas me trouver: celui du blâme et de pointeuse de fautes, quand au plus profond de moi, je sais que celà n'aide nullement à aborder le témoignage.
J'ai entendu aujourd'hui lors d'une émission télévisè: we all have a choice, to focus on the horror or the redemption [nous avons tous le choix soit de focaliser sur l'horreur soit sur la rédemption].
Et c'est vrai que trop souvent j'opte pour me souvenir de l'horreur de cette période là, plutôt que de la rédemption, en fait ce qui m'a aidé à tenir le coup, à accepter.
Je ne sais donc nullement ce qui constituera ce blog, si jamais je continue, car comment rendre compte seulement d'une facette de ma vie, celle marquée par la vie des autres, voire plus souvent leur mort, quand tout s'entrelace dans un chassé croisé de tant d'autres choses. Je verrai bien. Pour l'instant je poste.
Demain peut-être j'effacerai.
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