lundi 15 juin 2015

Première journée de son retour...

J'ai eu peur de retomber dans d'anciens schémas parent-enfant quelque peu dysfonctionnel ...

J'ai craint de stresser a propos de tout l'argent que nous allons dépenser quand nous n'avons aucune rentrée d'argent... mais a chaque fois, je me suis retenue et j'ai fait le point instantanément: nous avons assez pour pallier au présent.

J'ai été secouée de nausées dues surtout aux antibiotiques pour cette dent arrachée la semaine dernière. Alors, je me suis réfugiée une fois de plus dans le sommeil et ces méditations allongées qui finissent de toute manière toujours par le sommeil.

Et puis... elle s'est investie dans le nettoyage a fond de la cuisine alors que tout hier au soir me laissait présager que sa déprime, ses pensées tourbillonnantes sur l’échec d’être de retour, la paralyserait comme souvent je me laisse prendre par l'inertie quand le trop plein des choses déborde dans un quotidien qui n'a jamais su s'organiser ... dans un quotidien ... 'normal', avec des routines ménagères qui m’échappent encore totalement après 40 ans de vie 'adulte'...

mais je raconterais plus demain.

Pour aujourd'hui... simplement un grand 'tick' dans la case 'pas de mots déplacés de ma part'!

Les rôles s'inversent petit a petit... tandis que je retourne lentement a une sénilité enfantine, elle se prend en charge.. pourquoi donc encore me soucier. Et surtout ne pas la laisse 'me' prendre en charge. 

Trucmuche

13 June 2015 at 04:46

embouteillage -
le D6 coincé entre
départ et arrivée


Un ciel fracassant d’une chaleur qui se refuse à éclater. Partir marcher. Marcher encore. Enfin marcher. La pesanteur d’une semaine d’indécision et d’attente stérile s’accroche à mes semelles.
Rejoindre la ferme Mudchute par le coin du parking du supermarché, me faufiler entre les logements sociaux. Traverser la rue. Retrouver le Thames Path derrière la rangée de maisons modernes et cossues pour gens célèbres ou riches, parfois les deux.
La rivière enfin et avec elle un peu de fraîcheur.

banc de métal noir -
respirer au plus profond
tout ce qui vient du large

Dans le sillage des bateaux les vagues viennent s’échouer en contre-bas du mur dans un semblant de rythme primal. Par accoup les feuilles des platanes s’agitent et bruissent , puis se calment aussitôt. Le ressac de mes pensées en vrac tour à tour tumultueux et calme. J’aimerais une accalmie de plus longue durée. Retrouver sérénité et certitude qui ces derniers mois ont osé dicter la décision : arrêt sans solde pendant sept mois ! Advienne que pourra mais j’oscille entre regret et hardiesse.


décroissante, la lune
en absence préméditée –
trucmuche

Le temps d’un thé polystyrène, avec les promeneurs de fin de journée regarder des secours par hélicoptères sur l’autre rive. Un drame en vestes orange-fluo lilliputiennes dont nous ne connaîtrons jamais les détails. Un mort peut-être? Se souvenir de cette amie fidèle, la mort, à chaque instant quand le quotidien s’insinue et s’insurge dans des habitudes d’inquiétudes à propos de l’argent : puisque nous ne savons ni le jour ni l’heure…

fourmilière -
l’age de la retraite repoussé
pour la reine aussi ?

la voix de ma mère :
à chaque jour suffit sa peine
… et son petit bonheur


Ce dernier jour en solitaire mérite bien un retour en bateau-bus. Avec une armée de cyclistes en lycra et casques en pointe, j’emprunte l’air plus respirable du tunnel piéton. Un jeune africain en veste de velours bleu-roi s’enquiert d’où partent les ferrys. Je le fais rebrousser chemin et le guide vers l’embarcadère. Me revient en mémoire une anecdote ancienne d’un tissu recouvrant mon sofa, imprimé des mots ‘Nyame Bekyere’ que mon ex m’avait traduit : ‘God will provide’(Dieu subviendra à tes besoins).

une mouette se fait
aussi grosse qu’un avion –
perspective à contre-ciel

Le fleuve plus loin s’élargit dans une de ses boucles saumâtres. D’immenses pans de bleu s’y engouffrent dans un vertige de nuages où se faufile un soleil réticent de crépuscule.
Demain, elle revient. Le cœur en miettes, des débris de rêves en mosaïque d’encore possibles, incertaine, démunie d’assurance, mal dans sa peau… et je crains mes tessons de paroles futures, car je sais que c’est toujours au sujet de l’argent que l’on se blesse. Oser. Le tout pour le tout. Nyame Bekyere. Nyame Bekyere.Nyame Bekyere.


- Mum, I want to fall in love with life !




prière de pluie -
en gouttes de poussières
le temps se dilue



* * * * * * * * * * * *

trucmuche:

A. −
 Fam. Façon d'agir qui requiert de l'habileté, de l'adresse. Synon. astuce, combine, stratagème.Comment! de la prudence? (...) Est-ce que les chiffres ne sont pas là et ne démontrent pas la progression constante de notre vente? (...) Le capital peut passer quinze fois (...). Ensuite, eh bien! ensuite, nous trouverons un truc pour le faire passer davantage (Zola, Bonh. dames, 1883, p. 689).Un jour, on trouvera le truc pour acheter même le talent. On endormira les gens, on leur fera dans la tête une petite opération et on leur donnera du talent, de l'intelligence, tout ce qu'ils voudront (Duhamel, Terre promise, 1934, p. 130).
B. −
1. Moyen caché, dispositif, manipulation discrète qui permet de réussir un tour d'adresse, de créer une illusion.Synon. secret2.Tour de cartes dont personne n'a deviné le truc; trucs d'un illusionnisteC'est ainsi que notre auteur arrive à citer dans sa classification le truc des ardoises sur lesquelles des signes sont tracés par une main invisible, truc bien connu des prestidigitateurs et rendu célèbre par les exploits du faux médium Slade (Amadou,Parapsychol., 1954, p. 38).

dimanche 5 février 2012

tout passe ... et pourtant

86-96 mais ta mort (f) ose …

leurs lèvres pulpeuses si vite perdaient leur beauté africaine
et leurs cheveux crépus se raidissaient soudain
se raréfiaient aussi
et leurs mains, la paume de ces mains
( d’habitude toujours plus clair que le reste de la peau )
se noircissaient, les ongles aussi
plus noirs, et les langues aussi …
si bien que beaucoup un jour renonçaient
la Zidovudine même si elle risquait de prolonger leur vie
les démarquaient trop de leur proche
on ne peut pas vivre toujours avec ses mains dans les poches
il fallait bien serrer des mains, sourire aussi parfois
il fallait bien continuer comme ca, cahin-caha
vers des lendemains qui paraissaient si lointain
alors ils préféraient se priver de ce peu d’espoir
noirs, ils l’étaient bien, mais ne voulaient pas le devenir plus
ils savaient bien que ca ne durerait plus trop longtemps
d’ailleurs ne disaient-on pas qu’ ‘au pays’ …
ah, ‘au pays’ ma foi
on mourrait encore plus, et plus vite
tandis qu’ici…

ici, c’est autre chose
on peut encore y rêver que peut-être
oui, demain peut-être une autre dose d’autre chose
prolongera encore un peu le rêve

le rêve…
‘d’y arriver… puisqu’on est venu là pour ça’

mais de Morphée à morphine
on voudrait surtout ne plus avoir a souffrir

(a suivre)

dimanche 22 janvier 2012

alors, j'ai fait le point...

Elle cousait.

Point par point chaque feuille d'un arbre de Vie dessinait leur silhouette
blanche sur un fond blanc qui laisserait passer la lumière. Au contour des
racines, elle comprit enfin comment manier l'étoffe pour qu'elle ne s'effiloche
pas après le découpage. Elle attaquait maintenant sa deuxième branche.
Finirait-elle à temps?

Elle aurait dû écrire. Elle était venue là pour ça. Un privilège rare pour
lequel beaucoup d'écrivants anglophones l'envieraient à coup sûr. Il y avait
toujours eu l'excuse du manque de temps, l'excuse du lieu inapproprié, la
procrastination de commencer et surtout de par quel bout commencer. Sûrement
dans une maison silencieuse autant que spacieuse, dans une Ardèche estivale, la
pensée s'éclaicirait et les mots couleraient.

Naturellement.

La rechute de son mal le lendemain de son arrivée l'avait soudainement figée.
L'urgence était soudainement à autre chose. La faiblesse une fois de plus
l'avait envahie et elle n'osait plus soulever le drap à chaque aube qui la
vidait toujours un peu plus.

Etendue blanche.
Oblitérer les couleurs.
Une autre feuille vient de se détacher et lentement elle découpe la suivante
surfilée jusqu'alors au voile de coton sous jacent.
Blanc bien sur.
Ne pas penser au rouge.
Faire abstraction d'un corps déjà si las, vidé de sa substance vitale.
Les deux mains occupées dans une création qui sera autant de feuilles blanches
que celles qu'elle ne parvient toujours pas à remplir. L'aiguille entre le pouce
et l'index calligraphie un autre ballet que les mots l'auraient fait sous sa
plume, mais les gestes sont semblables.

Un va et vient léger pour points d'ourlet comme des cursives légères en pleins
et déliés. A la différence de doigts tenant la plume, courant à rase motte du
papier, la main ici s'envole comme un cerf-volant retenu par un fil arrimé à
l'ouvrage. Un moulinet invisible rapetisse imperceptiblement cette distance
mesurée à chaque retour de l'aiguille vers son prochain piqué. L'autre main
s'affaire également, paisiblement maintient le tissu à la juste distance entre
la table où s'étale l'ouvrage et l'endroit d'arrimage où les nouveaux points
ancrent le balbutiement d'une brindille.

Les mots ne viendront pas mais elle remontera vers son Nord Outre-Manche,
sereine, malgré l'épuisement du corps vers un destin bien incertain.


---
Un arbre de Vie blanc sur blanc laisse filtrer une lumière blafarde d'un hiver
qui s'installe jusqu'au cœur d'une chambre.
Les mots à nouveau se font pressants et gargouilleurs. Ils auraient tant encore
à dire.

Chaque feuille blanche, témoin d'une vie disparue encore à écrire.

mardi 27 décembre 2011

Would she dare? (be a writer)

would she dare?

Words would come. She had to believe it. They had always forced their way through her consciousness to reveal meanings hidden till then.
She had not looked for them. She had thought they were a disease and when they would all be out of her, she’d be free to live at last the way she was meant to.
In the beginning was the Word.
And in the end she’d go back to that Word, the way she’d be taught, in the Light and Sound that is in every atom, the Music of the Spheres..
But in between she has to tell and at least and at last, bear witness.
She has to tell all she can of all she knows – imperfectly – but honestly. What she has learnt now can not be unlearnt. She has been forced to see.

She has to tell – to tame the words. Put them on paper. She once wished them away. Now she’s scared they won’t come, that they will desert her.

She’s been pushed to that very moment of accepting at last a gift she did not choose. She would have chosen notes that make music to the ears. She would have preferred the chisel to sculpt her desires, better even, she would have preferred her hands filled only with caresses for children and lovers.

As she once assembled a patchwork of printed fabric through night shifts, she would gather pieces of a prose that wove itself slowly, unconspicuously but steadily.. She would sew them end to end, make a crazy patchwork of it all.
She has seen enough, heard enough, felt enough.

If she stopped now to consider whether it is right, whether the bits fit together, she would never complete the task. She has to trust that she’ll be led to compose a harmonious enough piece, because the aim is not to be so good as to be one of the best. The aim is, as she has had to learn in order to survive with the self, to be good enough.

To be good enough, but do it, because it has been weighing so much inside for so long. Yet those stories need to be told.

There are many ways to tell a story.


pebble beach -
the magnificent insignificance
of our lives

sprite

jeudi 22 décembre 2011

Pour quoi ... pour qui ... pour que et quand ?

L’écriture en solitaire. Puis-je vraiment m’y (re)faire ?

Car on en revient toujours au « pour qui écrit-on ? ». Et j’ai du mal á me souvenir de l’ère pré-Internet, où j’écrivais déjà, où j’écrivais depuis … toujours.
Depuis qu’enfant je n’avais que ce médium pour parler et être entendue. Mais á qui parlais-je ? et qui m’écoutais ? Je ne savais pourtant encore rien de l’art de tenir un journal quand assise sur une botte de paille, loin de mes aînés, je m’essayais á la poésie. Et que pouvais-je connaître de la poésie du haut de mes sept ou huit ans, á part les récitations apprises par cœur pour l’école.

Et puis, j’ai commencé d’écrire un journal que je gardais précieusement dans mon cartable, seul endroit vraiment á moi, puisque je devais partager tout le reste avec ma sœur ainée, du lit en passant par les habits pour en arriver au coin de table de cuisine où nous faisions tous nos devoirs, jusqu’au jour où elle s’est approprié le bureau hérité de je ne sais plus où.

Faut-il toujours que je ressasse ces balbutiements de la plume qui a perdu longtemps sa véracité et son authenticité dès lors que mon espace cartable fut violé par cette aînée et que je n’avais absolument personne autour de moi qui aurait pu le comprendre. On se serait moqué de moi, c’est certain.

En marge de mes poèmes, elle avait mis pleins d’expressions désobligeantes. Je me souviens que j’y parlais surtout de mon frère aîné, chouchou de notre mère, et de la nature dans laquelle j’aimais me balader. J’aimais surtout me balader sous la pluie et profitais de chaque occasion d’aller ‘quelque part’ à bicyclette. Puis elle avait raturé ses railleries et admettait que c’était bon.

Pourquoi ai-je retenu plus la violation de mon espace cartable que son commentaire final qui aurait du surpasser la dénigration première ?

Mais depuis, je n’ai plus entièrement été sincère dans mes écrits sachant qu’ils pourraient être lus, commentés et surtout moqués et critiqués. Sauf quand je me suis mise à écrire dans une langue autre que la maternelle. Là, j’ai pu à nouveau assouvir un besoin de trop-plein à épancher, quelquefois quand la révolte se faisait trop insistante d’un personne pour me comprendre.

Et je voudrais retourner à cet état de grâce. Mais je voudrais plus. Je voudrais pouvoir enfin m’épancher de tout ce qui m’a blessée que je n’ai pas su guérir. Je voudrais pouvoir conter mon histoire qui passe par tellement de bifurcations et d’intersections de la ‘vie des autres’ et des vies autrement plus déchirées, abimées, désespérées que ne fut la mienne.

Alors m’y revoilà.

Mais pourquoi choisir le blog ? pourquoi ne pas simplement reprendre la plume sur des carnets d’A4 aux lignes bleues pour me guider ? pourquoi indeed ? Pour qui est-ce que j'écris? et surtout avec qui ? et pourquoi ?

dimanche 11 décembre 2011

Larguée

Dans tous les sens du mot.

larguer (v.)
abandonner, balancer, déferler, détacher, filer, jeter, lâcher, lancer, lourder, renvoyer, vider, droper (familier), laisser choir (V+qqn, figuré), laisser tomber (V+qqn), plaquer (V+qqn, familier)

All at sea, est l'expression qui me traverse pour décrire comme je me sens. Me préparant pour une traversée en solitaire. Une fois de plus.

Mon premier billet parle de re-commencer une fois de plus à écrire sur mes années Sida. C'est donc que je m'y suis essayée sans succès depuis belle lurette.
Et ces dernières années, je croyais avoir trouvé un port d'attache. Je m'étais arrimée et remise à la rime dans ma langue natale, celle qui maintenant jaillit sous le clavier.
Or tout ce dont j'ai à 'rendre conte', je l'ai vécu principalement en anglais. Quand je dis principalement, c'est bien sur sol anglais, même si la francophonie m'y a rejointe par un détour imprévisible du destin: les réfugiés venant de pays francophones, là où la langue encore s'utilise différement, le français colonial, souvent archaïque et quelque peu limité mais oh, combien chantant à l'oreille dans ses accents rroulés.

Or de ce port d'attache, je me sens larguée. Je ne vais pas ici, du moins pas pour le moment m'étendre sur tout ce qui s'est passé, mais j'avais cru rejoindre un lieu où on se disait écrivant et non écrivain, où ce qui m'y avait le plus attiré était l'humilité et sensibilité de la modératrice principale. Je m'y étais sentie 'chez moi', 'chez nous' pendant une grande partie de ces trois, presque quatre dernière années, mais soudainement tout y a basculé.

Soudainement? Non, ce n'est pas le bon mot. Imperceptiblement au début, insidieusement, puis sans doute irrémédiablement, mais ça je ne le saurai pas avant encore bien longtemps. Mais est-ce le lieu qui a changé? Non, le lieu par lui même n'a pas changé, pas vraiment, pas encore. Et j'ai encore le réflexe d'y aller voir quotidiennement. Cette habitude si porteuse de stimulation positive par le passé (hormis les périodes guerrières) est devenue déclencheuse de pensées négatives, parce que la mouvance dans certaines amitiés ma laissée avec un arrière gout d'abandon, de laissée tombée, en fait d'avoir été larguée de la grande aventure d'écrire en rebondissant les uns sur les autres.

Et la personne avec laquelle je pouvais le plus parler, la relation avec laquelle j'avais approfondie le plus, celle avec laquelle je n'avais pas de tabous dans mes dires et mes écrires, cette personne a birfurqué dans une écriture à deux mains et et me voilà qui rame dans l'amer imprévu…

Alors marre, larguer le marre et les amarres, appareiller vers une haute mer, vers d'autres terres où on évitera à tout prix les écueils des 'ters'… parce que les trinités dans ma vie, ça laisse plutôt un arrière-gout d'esprit ni Saint, ni sain.

Et l'écriture en solitaire? Puis-je vraiment m'y (re) faire.

Mais ce sera un billet pour demain.

Enfin si j'y reviens.

vendredi 9 décembre 2011

Il faut bien (re)commencer quelque part

Par quoi commencer? Depuis le temps que les mots s'entrechoquent et ne sont pas sortis encore comme ils auraient voulu.

Une dyslexie, diagnostiquée très tard, qui me fait comprendre seulement maintenant mes difficultés d'agencement de textes, même s'il y a une apparence de facilité d'écrire, ainsi qu'une prédilection pour les jeux de mots, simplement parce qu'ils sont là, constamment sous mes yeux, une distraction constante qui trop souvent me font perdre le fil de ce que j'aimerais dire.

Ainsi, au lieu de simplement dire: je m'en vais vous parler de mes années Sida, mon esprit se tourne vers Corneille et son Cid. Et pourtant, je ne peux pas tellement dire:

Je suis jeune, il est vrai; mais aux âmes bien nées
La valeur n’attend point le nombre des années.

Jeune je ne suis plus, quand aux âmes bien nées, la plupart que j'ai eu l'honneur d'accompagner dans leur mort précoce n'ont certes pas pu marquer leur passage terrestre par un nombre d'années suffisantes. Reste alors 'leur valeur', et qui peut encore en parler de ces oubliés de l'histoire d'un holocauste que beaucoup d'entre nous ne veulent pas voir.

Mais déjà j'entre dans un état d'esprit où je n'aime pas me trouver: celui du blâme et de pointeuse de fautes, quand au plus profond de moi, je sais que celà n'aide nullement à aborder le témoignage.

J'ai entendu aujourd'hui lors d'une émission télévisè: we all have a choice, to focus on the horror or the redemption [nous avons tous le choix soit de focaliser sur l'horreur soit sur la rédemption].

Et c'est vrai que trop souvent j'opte pour me souvenir de l'horreur de cette période là, plutôt que de la rédemption, en fait ce qui m'a aidé à tenir le coup, à accepter.

Je ne sais donc nullement ce qui constituera ce blog, si jamais je continue, car comment rendre compte seulement d'une facette de ma vie, celle marquée par la vie des autres, voire plus souvent leur mort, quand tout s'entrelace dans un chassé croisé de tant d'autres choses. Je verrai bien. Pour l'instant je poste.
Demain peut-être j'effacerai.