dimanche 11 décembre 2011

Larguée

Dans tous les sens du mot.

larguer (v.)
abandonner, balancer, déferler, détacher, filer, jeter, lâcher, lancer, lourder, renvoyer, vider, droper (familier), laisser choir (V+qqn, figuré), laisser tomber (V+qqn), plaquer (V+qqn, familier)

All at sea, est l'expression qui me traverse pour décrire comme je me sens. Me préparant pour une traversée en solitaire. Une fois de plus.

Mon premier billet parle de re-commencer une fois de plus à écrire sur mes années Sida. C'est donc que je m'y suis essayée sans succès depuis belle lurette.
Et ces dernières années, je croyais avoir trouvé un port d'attache. Je m'étais arrimée et remise à la rime dans ma langue natale, celle qui maintenant jaillit sous le clavier.
Or tout ce dont j'ai à 'rendre conte', je l'ai vécu principalement en anglais. Quand je dis principalement, c'est bien sur sol anglais, même si la francophonie m'y a rejointe par un détour imprévisible du destin: les réfugiés venant de pays francophones, là où la langue encore s'utilise différement, le français colonial, souvent archaïque et quelque peu limité mais oh, combien chantant à l'oreille dans ses accents rroulés.

Or de ce port d'attache, je me sens larguée. Je ne vais pas ici, du moins pas pour le moment m'étendre sur tout ce qui s'est passé, mais j'avais cru rejoindre un lieu où on se disait écrivant et non écrivain, où ce qui m'y avait le plus attiré était l'humilité et sensibilité de la modératrice principale. Je m'y étais sentie 'chez moi', 'chez nous' pendant une grande partie de ces trois, presque quatre dernière années, mais soudainement tout y a basculé.

Soudainement? Non, ce n'est pas le bon mot. Imperceptiblement au début, insidieusement, puis sans doute irrémédiablement, mais ça je ne le saurai pas avant encore bien longtemps. Mais est-ce le lieu qui a changé? Non, le lieu par lui même n'a pas changé, pas vraiment, pas encore. Et j'ai encore le réflexe d'y aller voir quotidiennement. Cette habitude si porteuse de stimulation positive par le passé (hormis les périodes guerrières) est devenue déclencheuse de pensées négatives, parce que la mouvance dans certaines amitiés ma laissée avec un arrière gout d'abandon, de laissée tombée, en fait d'avoir été larguée de la grande aventure d'écrire en rebondissant les uns sur les autres.

Et la personne avec laquelle je pouvais le plus parler, la relation avec laquelle j'avais approfondie le plus, celle avec laquelle je n'avais pas de tabous dans mes dires et mes écrires, cette personne a birfurqué dans une écriture à deux mains et et me voilà qui rame dans l'amer imprévu…

Alors marre, larguer le marre et les amarres, appareiller vers une haute mer, vers d'autres terres où on évitera à tout prix les écueils des 'ters'… parce que les trinités dans ma vie, ça laisse plutôt un arrière-gout d'esprit ni Saint, ni sain.

Et l'écriture en solitaire? Puis-je vraiment m'y (re) faire.

Mais ce sera un billet pour demain.

Enfin si j'y reviens.

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