L’écriture en solitaire. Puis-je vraiment m’y (re)faire ?
Car on en revient toujours au « pour qui écrit-on ? ». Et j’ai du mal á me souvenir de l’ère pré-Internet, où j’écrivais déjà, où j’écrivais depuis … toujours.
Depuis qu’enfant je n’avais que ce médium pour parler et être entendue. Mais á qui parlais-je ? et qui m’écoutais ? Je ne savais pourtant encore rien de l’art de tenir un journal quand assise sur une botte de paille, loin de mes aînés, je m’essayais á la poésie. Et que pouvais-je connaître de la poésie du haut de mes sept ou huit ans, á part les récitations apprises par cœur pour l’école.
Et puis, j’ai commencé d’écrire un journal que je gardais précieusement dans mon cartable, seul endroit vraiment á moi, puisque je devais partager tout le reste avec ma sœur ainée, du lit en passant par les habits pour en arriver au coin de table de cuisine où nous faisions tous nos devoirs, jusqu’au jour où elle s’est approprié le bureau hérité de je ne sais plus où.
Faut-il toujours que je ressasse ces balbutiements de la plume qui a perdu longtemps sa véracité et son authenticité dès lors que mon espace cartable fut violé par cette aînée et que je n’avais absolument personne autour de moi qui aurait pu le comprendre. On se serait moqué de moi, c’est certain.
En marge de mes poèmes, elle avait mis pleins d’expressions désobligeantes. Je me souviens que j’y parlais surtout de mon frère aîné, chouchou de notre mère, et de la nature dans laquelle j’aimais me balader. J’aimais surtout me balader sous la pluie et profitais de chaque occasion d’aller ‘quelque part’ à bicyclette. Puis elle avait raturé ses railleries et admettait que c’était bon.
Pourquoi ai-je retenu plus la violation de mon espace cartable que son commentaire final qui aurait du surpasser la dénigration première ?
Mais depuis, je n’ai plus entièrement été sincère dans mes écrits sachant qu’ils pourraient être lus, commentés et surtout moqués et critiqués. Sauf quand je me suis mise à écrire dans une langue autre que la maternelle. Là, j’ai pu à nouveau assouvir un besoin de trop-plein à épancher, quelquefois quand la révolte se faisait trop insistante d’un personne pour me comprendre.
Et je voudrais retourner à cet état de grâce. Mais je voudrais plus. Je voudrais pouvoir enfin m’épancher de tout ce qui m’a blessée que je n’ai pas su guérir. Je voudrais pouvoir conter mon histoire qui passe par tellement de bifurcations et d’intersections de la ‘vie des autres’ et des vies autrement plus déchirées, abimées, désespérées que ne fut la mienne.
Alors m’y revoilà.
Mais pourquoi choisir le blog ? pourquoi ne pas simplement reprendre la plume sur des carnets d’A4 aux lignes bleues pour me guider ? pourquoi indeed ? Pour qui est-ce que j'écris? et surtout avec qui ? et pourquoi ?
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