leurs lèvres pulpeuses si vite perdaient leur beauté africaine
et leurs cheveux crépus se raidissaient soudain
se raréfiaient aussi
et leurs mains, la paume de ces mains
( d’habitude toujours plus clair que le reste de la peau )
se noircissaient, les ongles aussi
plus noirs, et les langues aussi …
si bien que beaucoup un jour renonçaient
la Zidovudine même si elle risquait de prolonger leur vie
les démarquaient trop de leur proche
on ne peut pas vivre toujours avec ses mains dans les poches
il fallait bien serrer des mains, sourire aussi parfois
il fallait bien continuer comme ca, cahin-caha
vers des lendemains qui paraissaient si lointain
alors ils préféraient se priver de ce peu d’espoir
noirs, ils l’étaient bien, mais ne voulaient pas le devenir plus
ils savaient bien que ca ne durerait plus trop longtemps
d’ailleurs ne disaient-on pas qu’ ‘au pays’ …
ah, ‘au pays’ ma foi
on mourrait encore plus, et plus vite
tandis qu’ici…
ici, c’est autre chose
on peut encore y rêver que peut-être
oui, demain peut-être une autre dose d’autre chose
prolongera encore un peu le rêve
le rêve…
‘d’y arriver… puisqu’on est venu là pour ça’
mais de Morphée à morphine
on voudrait surtout ne plus avoir a souffrir
(a suivre)
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